Débat annuel de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York

Le 8 septembre, le Président de l’Assemblée générale des Nations unies, Khalilur Rahman, a ouvert la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée générale sur le thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous ». Lors de son discours, il a insisté sur la nécessité de réformer le système multilatéral en proie à une crise de confiance.  

Le 22 septembre, le Secrétaire général, António Guterres, a ouvert le débat annuel de cette session. Après dix ans à la tête de l’ONU et pour son dernier discours, il a réitéré son engagement en faveur du droit. Il a notamment insisté sur le risque de voir « advenir un monde fragmenté et transactionnel, gagné par la montée des tensions et l’aggravation de la méfiance, où la coopération céderait la place à des calculs à somme nulle ». Parmi les principaux thèmes abordés lors des différentes interventions des chefs d’État figurent la réforme des instances de l’ONU, l’intelligence artificielle et les conflits en Ukraine, en Iran et à Gaza. Le président turc a dénoncé la « volonté génocidaire » d’Israël à Gaza, tandis que le roi de Jordanie a qualifié les destructions de « crime de guerre ». Sur l’Iran, les États-Unis ont défendu le recours à la force « lorsque cela est nécessaire », alors que la majorité des intervenants ont appelé au respect du droit. Les États africains ont enfin réaffirmé leur volonté d’être représenté au Conseil de sécurité. 

Les Chefs d’États hôtes de missions de maintien de la paix se sont exprimés.    

Le 23 septembre, Faustin Archange Touadera, Président de la République centrafricaine, s’est exprimé à la tribune des Nations unies. Il a déploré la réduction des moyens alloués aux opérations de maintien de la paix et a affirmé qu’« abandonner les pays fragiles, ce n’est pas faire des économies. C’est reporter la facture, en la rendant plus lourde ». Selon lui, « chaque coupe budgétaire décidée à New York ou dans une capitale lointaine se traduit, sur le terrain, par un espace laissé aux groupes armés ». Il appelle ainsi à un retrait « progressif » de la MINUSCA, refusant tout retrait selon un « calendrier arbitraire déconnecté des réalités du terrain ». 

Le jour même, le 23 septembre, la première ministre de la République Démocratique du Congo s’est exprimée à son tour. Judith Suminwa Tuluka a demandé l’exécution de la Résolution 2773 (S/RES/2773), c’est-à-dire une cessation effective des hostilités, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien aux groupes armés. Assurant que son pays assume ses responsabilités en matière de désarmement des groupes armés, la Première ministre a affirmé que « la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d’une présence militaire étrangère sur notre territoire ». Par ailleurs, elle juge « essentiel » le rôle de la MONUSCO dans la protection des civils, le suivi d’un cessez-le-feu et l’appui aux mécanismes de paix. 

De son côté, Nawaf Salam, Premier ministre libanais, a appelé à une application uniforme du droit international le 25 septembre, rappelant que « la souveraineté des États ne peut pas être intangible pour les uns et négociable pour les autres ». Il a notamment insisté sur la mise en œuvre de la Résolution 1701 (S/RES/1701) et sur les efforts de son gouvernement pour rétablir la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. Il a ainsi demandé le retrait d’Israël du territoire libanais, qu’il considère comme une condition nécessaire à cette souveraineté. Nawaf Salam a par ailleurs salué le rôle de la FINUL et des États contributeurs dans le maintien de la stabilité et le soutien aux forces armées libanaises. Il a appelé à son remplacement afin d’éviter un « vide sécuritaire », et a rappelé qu’il ne peut y avoir de « stabilité durable au Liban sans stabilité durable dans la région ». 

Peu après, le 25 septembre, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, s’est exprimé devant l’Assemblée générale. Lors de son discours, il a remercié l’engagement des Nations unies, l’Organisation des États américains, la Communauté caribéenne, l’Union européenne et tous les partenaires qui contribuent à la Force de répression des gangs en Haïti (FRG), dont le mandat vient d’être prolongé de six mois par le Conseil de sécurité via l’adoption de la Résolution 2829 (S/RES/2829). Le Premier ministre a appelé la communauté internationale à ne pas « sauver » Haïti mais à se « tenir à ses côtés pendant qu’elle reprend en main son destin ». Il regrette toutefois que la FRG ne soit pas encore pleinement opérationnelle, et n’ai pas encore atteint l’effectif prévu de 5 500 membres.