Sommet international sur l’Espace
- Source spds.fr
- Date : 2026-09-22
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Les 9 et 10 septembre 2026 a eu lieu, au Grand Palais, le premier Sommet international sur l’Espace, co-organisé par la France et l’Allemagne. Près de 120 délégations se sont réunies pour renforcer leur coopération sur ce domaine promis à de grandes avancées.
Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont fixé plusieurs priorités européennes afin de renforcer son autonomie, sa compétitivité et de réduire sa dépendance aux États-Unis. La France prévoit d’investir 20 milliards d’euros dans le spatial d’ici à 2030 et, à l’échelle européenne, l’ESA (European Space Agency) a approuvé un budget record de 22,3 milliards d’euros pour 2026-2028. Emmanuel Macron a également appelé à la création d’une alliance européenne “Direct to Device”, permettant une connexion directe entre satellites et téléphones d’ici à 2030, la guerre en Ukraine ayant montré l’importance stratégique des satellites. L’Europe cherche donc à renforcer ses capacités spatiales pour améliorer sa sécurité ainsi que son indépendance, en développant son propre système de communication par satellite. En plus des investissements, le programme européen IRIS² doit être accéléré et étendu à plus de 350 satellites. Prévu pour 2030, ce programme constituera le premier réseau de satellites multi-orbitaux en Europe.
L'agence spatiale européenne a été créée en 1975 pour unifier les forces européennes face aux Américains et aux Soviétiques. Elle est aujourd’hui composée de 23 membres et permet aux pays européens de mutualiser leurs budgets et technologies pour une plus grande compétitivité. L’agence a notamment développé la famille des lanceurs Ariane, ce qui lui a permis de mener des missions d’exploration telles que JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) pour étudier Jupiter et ses lunes glacées.
Les géants du spatial américains ont quant à eux déserté le sommet. Il manquait à l’appel SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud, dissuadés d’y participer par la Maison Blanche selon plusieurs sources. En effet, les États-Unis voyaient dans ce sommet une démarche “eurocentrée” et accusaient Paris d’encourager des pratiques anticoncurrentielles à cause de l’accent mis sur le besoin de régulation.
Ce sommet s’inscrit dans un contexte sécuritaire mais également de possibilité d’expansion de marché afin que l’Europe rivalise avec les États-Unis et la Chine. En effet, l'économie spatiale mondiale a dépassé 500 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 1 100 milliards de dollars d'ici 2035.
L'absence du chancelier allemand, Friedrich Merz, illustre toutefois la présence de désaccords entre la France et l’Allemagne en matière de politique spatiale, ce qui pourrait fragiliser la coopération européenne sur ce sujet. Berlin reste davantage favorable à coopérer avec les géants américains que Paris.
