Quels sont les scénarios envisagés après le retrait de la FINUL ? 

Dans cet article de l'International Peace Institute (IPI), Alexander Costy dresse le bilan de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et présente les perspectives pouvant être privilégiées après son retrait. Il a été conseiller politique et chef de cabinet du Bureau du coordonnateur spécial des Nations unies pour le Liban entre 2014 et 2021. 

Le 28 août 2025, le Conseil de sécurité décidait de mettre fin à la FINUL le 31 décembre 2026 (S/RES/2790). À quelques mois du retrait de la mission onusienne, Alexander Costy revient sur le rôle stabilisateur de la FINUL. Selon lui, elle a d’abord permis d’assurer le maintien du cessez-le-feu de 2006 pendant 17 ans. La mise en place de canaux de communication entre libanais et israéliens et de compte rendu des Nations unies a permis d’assurer une relative sécurité dans le Sud-Liban. La FINUL a également permis de stabiliser la situation politique interne de l’État libanais en l’exonérant de la responsabilité de la sécurité dans la région. Enfin, la FINUL a constitué un moteur socio-économique essentiel. Elle employait des centaines de locaux et représentait un client majeur pour les commerçants et prestataires locaux.  

En l’absence de solution définie par le Conseil de sécurité pour l’après-FINUL, Alexander Costy énumère les pistes envisageables. Il évoque d’abord la conclusion d’un « accord national » volontaire entre le Hezbollah et les partis politiques libanais. Le Hezbollah deviendrait alors un parti politique tandis que ses combattants seraient intégrés à l’armée régulière libanaise. Ce scénario est toutefois peu probable à court terme. Une deuxième hypothèse consiste à maintenir une force internationale similaire à celle en place. La France, l’Italie et la Turquie privilégient cette solution, tandis que la Chine s’est montrée favorable au retardement du retrait de la FINUL. Toutefois, Israël et les États-Unis s’opposent à cette hypothèse. Une dernière option privilégie la formule trilatérale États-Unis-Israël-Liban, inspirée du processus de paix à Gaza et actuellement mise en œuvre dans le cadre des négociations de cessez-le-feu en cours depuis avril 2026. Le Hezbollah ne fait toutefois pas partie de cette initiative et refuse de rendre les armes tant qu’Israël ne s’est pas retiré du Liban. L’ouverture d’un mandat onusien reconnaissant l'initiative américano-israélo-libanaise ouvrirait néanmoins la voie à un engagement positif des États-Unis. 

En l’absence de solutions post-FINUL viables, la perspective d’une occupation israélienne durable et illimitée du Sud-Liban n’est pas à exclure. Cette occupation constituerait une « violation irrévocable de la souveraineté libanaise » pouvant alimenter les velléités de résistance. 

Alexander Costy, « What Happens after UNIFIL ? », International Peace Institute