Bilan et perspectives de la réforme de l’ONU pour le développement dans le cadre de l’initiative ONU 80 

Dans cet article de l’International Peace Institute (IPI), Robert Piper, chercheur associé au Centre de coopération internationale (Center on International Cooperation – CIC) de l'Université de New York et au Centre de politique de sécurité de Genève (Geneva Centre for Security Policy - GCSP), analyse la réforme du système onusien relatif aux enjeux de développement dans la perspective de l’initiative de réforme ONU 80. Cet article est basé sur un rapport sorti le 25 mars 2026 au CIC et intitulé « Unfinished Business: Coming to Terms with the New Financial and Political Realities Facing the UN’s Development Ecosystem ».

Depuis plusieurs années, l’ONU est régulièrement critiquée et poussée à se réformer, mais la situation est aujourd’hui plus urgente à cause des crises mondiales, des attaques contre la Charte des Nations unies et des difficultés financières de l’organisation. L’auteur explique qu’il est toutefois difficile de mener des réformes importantes alors que l’ONU doit en même temps gérer des conflits, des catastrophes et des urgences internationales.   

L’architecture de l’ONU, n’est plus adaptée aux défis actuels constate l’auteur. Le système de développement de l’Organisation est notamment dans ce cas. Il repose sur plusieurs agences indépendantes spécialisées dans des domaines comme la santé, l’agriculture ou l’éducation. Bien que ce modèle ait permis de nombreux progrès dans le passé, les problèmes actuels exigent des réponses plus globales et coordonnées. 

L’article revient ensuite sur la réforme du système onusien pour le développement lancée en 2018 par le Secrétaire général António Guterres. Son objectif était de moderniser le système sans modifier complètement la structure de l’ONU. La principale réforme a été le renforcement du rôle des coordinateurs résidents. De nouveaux outils ont aussi été créés, comme des financements communs et des mécanismes de coopération. Ces réformes ont amélioré le travail entre les agences et réduit certaines dépenses. Les gouvernements hôtes se disent majoritairement satisfaits des progrès réalisés. 

Cependant, des éléments clés de la réforme de 2018 n'ont pas été mis en œuvre avec succès. Certaines structures régionales sont encore mal intégrées et les financements dépendent trop des contributions ciblées des pays donateurs. De plus, il existe toujours des lacunes entre l’aide humanitaire et le financement du développement. La réforme ONU 80 cherche à résoudre et à dépasser ces difficultés. 

Enfin, Robert Piper explique que les réformes ne pourront réussir que si les États membres continuent de soutenir les changements engagés en 2018. Il propose donc une série d’engagements que ces derniers devraient prendre. De plus, même si les tensions politiques rendent aujourd’hui difficile une réforme structurelle de l’ONU, il estime que des réformes progressives pourraient néanmoins améliorer son efficacité dans les questions de développement. 

Robert Piper, « UN80 and the Unfinished Work of Development Reform », International Peace Institute, 28 avril 2026.