La stratégie sécuritaire du Niger : recentrage national et recomposition des alliances
- Source spds.fr
- Date : 2026-04-07
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Le Sahel connaît une évolution marquée de ses dynamiques sécuritaires, dans laquelle le Niger opère un repositionnement stratégique significatif. Ancien partenaire central des dispositifs internationaux de lutte contre les groupes armés, le pays s’oriente désormais vers une approche davantage centrée sur ses capacités nationales. Cette évolution intervient dans un contexte de persistance de la menace djihadiste, illustrée notamment par l’attaque menée dans la nuit du 9 mars 2026 contre la base aérienne 401 de Tahoua.
Le 27 mars 2026, les autorités nigériennes ont annoncé la création d’« organisations territoriales d’autodéfense », nommées Domol Leydi (« Gardiens de la terre »). Cette initiative marque un changement doctrinal, l’armée ayant historiquement exprimé des réserves vis-à-vis de l’implication directe de civils dans les fonctions sécuritaires. Inspiré en partie d’expériences régionales, ce dispositif vise à renforcer la présence territoriale et les capacités de renseignement local, tout en maintenant un encadrement par les forces armées afin de limiter les risques de dérives.
Les forces de défense et de sécurité nigériennes ont par ailleurs conduit plusieurs opérations, notamment entre le 9 et le 15 février 2026. Celles-ci ont abouti à la neutralisation de combattants armés, à des interpellations et à la saisie de ressources logistiques importantes, incluant explosifs, carburant et substances illicites. Ces actions traduisent une stratégie visant à perturber les chaînes d’approvisionnement et les capacités opérationnelles des groupes armés.
Dans cette logique de recentrage, le Niger a également acté son retrait de la Force multinationale mixte (FMM) du bassin du lac Tchad le 29 mars 2025. Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer l’autonomie stratégique nationale et de concentrer les efforts sur la sécurisation du territoire et des infrastructures jugées prioritaires, notamment dans les zones frontalières et les régions pétrolières.
