Future Risks Report 2025

Publié pour la 12e année consécutive, le Future Risks Report 2025 d’Axa brosse le portrait d’un monde en polycrise, où la fragmentation sociale, la défiance envers les institutions et la montée des risques technologiques redéfinissent la vulnérabilité collective. Conçu comme un outil d’influence prospective, il ne se contente pas de mesurer les risques : il cherche à transformer la manière dont ils sont pensés, anticipés et gouvernés.

L’étude, menée par Ipsos entre mai et juin 2025, s’appuie sur un double panel composé de 3 595 experts dans 57 pays et de 23 000 citoyens majeurs répartis dans 18 pays. Tous ont été invités à classer les cinq risques jugés les plus importants (parmi une liste de 25) en termes d’impact potentiel à un horizon de cinq à dix ans.

Ce dispositif comparatif met en lumière un écart croissant entre les perceptions des spécialistes et celles du grand public : tandis que les premiers redoutent surtout des menaces structurelles et durables (vieillissement démographique, instabilité financière, dérives de l’intelligence artificielle), les seconds s’inquiètent davantage des menaces immédiates telles que le terrorisme, les pandémies ou les crises sécuritaires.

Les perceptions varient également selon les régions : en Europe, la guerre supplante le climat ; en Afrique, la cybersécurité domine ; en Asie-Pacifique, les risques financiers gagnent du terrain.

Le rapport passe ensuite en revue les principaux risques de la décennie à venir : changement climatique, instabilité géopolitique, cybersécurité, tensions sociales, etc. Parmi eux, la dynamique démographique fait son entrée dans le top 10, présentée comme une véritable bombe à retardement pour les systèmes de santé, les retraites et la stabilité des sociétés vieillissantes.

Le changement climatique, toujours premier au classement mondial, perd du terrain face à la montée des menaces géopolitiques et technologiques. Il demeure cependant un multiplicateur de risques par excellence, exacerbant les tensions sur les ressources, la santé et les migrations. L’étude insiste ainsi sur le caractère désormais systémique des risques, qui ne peuvent plus être considérés isolément. Un autre point d’attention concerne la nécessaire surveillance des « risques sous le radar » (spatiaux, biotechnologiques ou encore sanitaires), susceptibles de redéfinir la hiérarchie des menaces d’ici 2035.

L’effondrement de la confiance envers les gouvernements, jugés peu aptes à gérer efficacement les crises, est l’un des constats majeurs de ce rapport. Les scientifiques et les assureurs conservent une crédibilité relative, mais leur autorité s’érode elle aussi. Au cœur de cette défiance se creuse une fragmentation sociale profonde, nourrie par les inégalités économiques, la polarisation politique et la désinformation. Cette fragilité collective alimente une inquiétude démocratique : les jeunes générations, notamment, semblent plus enclines à privilégier l’efficacité décisionnelle au détriment de la délibération, signe d’un affaiblissement du contrat social.

Face à ces constat, Axa appelle à une réponse systémique fondée sur la prévention, l’éducation au risque et l’innovation sociale. L’assurance y apparaît comme un pilier de stabilité dans un monde incertain : non plus simple garant financier, mais force de cohésion, capable d’articuler protection, innovation et inclusion. En soutenant une approche partenariale, elle peut contribuer à bâtir une gouvernance collective des risques.

Pour aller plus loin : Axa Future Risks Report. Édition 2025, Axa, octobre 2025, 56 p.

Par Richard Clement.