Veille mensuelle de l'actualité internationale du 01 Mars au 31 Mars 2026.
- Source geneva-institute.com
- Date : 2026-03-04
- Link
Cette veille mensuelle présente l'actualité internationale du 01 janvier au 31 Janvier 2026.
AFRIQUE.
Afrique du sud : Les 9 et 10 mars 2026, à l’invitation du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a effectué une visite d’État de deux jours au Brésil, avec pour objectif de renforcer les relations bilatérales. Les deux présidents ont appelé à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de la défense. Ils plaident notamment pour le développement de projets communs en matière d’industrie de défense. Le président sud-africain était accompagné d’une délégation ministérielle et d’acteurs économiques. Il a encouragé les entreprises brésiliennes à investir en Afrique du Sud. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques tels que l’agro-industrie, l’aéronautique, l’énergie, la défense, les mines, les sciences, et le tourisme. À l’issue de la visite, les deux pays ont signé un protocole d’accord entre l’agence brésilienne de promotion du commerce et des investissements (Apex-Brasil) et le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence sud-africain, visant à renforcer la coopération en matière de commerce et d’investissement.
RDC : les combats se poursuivent en mars 2026 au Nord-Kivu toujours aux mains du M23. Une attaque au drone a frappé l’aéroport de Goma, tuant une humanitaire française. La région est en fait le théâtre d’action de nombreuses sociétés militaires privées (SMP), et la présence de ces mercenaires entretient un niveau élevé de conflictualité, mais aussi le recours plus fréquent d’armes technologiques comme les drones. Washington a décidé des sanctions contre le Rwanda qui aura grand peine a intensifier sa pression militaire en RDC. En représailles, Paul Kagamé menace de retirer ses troupes qui luttent contre les djihadistes dans la partie septentrionale du Mozambique où sont exploitées des réserves de gaz par des sociétés occidentales.
Mali : la junte militaire au pouvoir dans un Mali qui a connu deux putsch successifs ne parvient pas à faire face aux djihadistes, malgré le soutien de l’Africa Corps, société militaire privée russe qui succède à Wagner. Bamako libère plus de deux cents djihadistes pour être approvisionné en carburant. Les djihadistes continuent à frapper les pays voisins du Mali, comme le Nigéria.
Congo : Denis Sassou Nguesso est réélu au Congo, il aurait obtenu plus de 94% des votes avec une participation de plus de 84% dans un pays qui a coupé Internet le jour de l’élection. Âgé de 82 ans, il est reconduit pour un cinquième mandat qui s’achèverait en 2031.
UNION EUROPENNE.
Christine Lagarde, à la tête de la BCE évoque un « choc sévère » ainsi qu’un « risque à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance ». L’activité économique doit affronter un nouveau choc, et l’alourdissement de la facture rogne déjà le pouvoir d’achat des ménages par ailleurs entamé par une croissance économique atone depuis une vingtaine d’années.
Les parlementaires de l’Union européenne approuvent l’accord commercial signé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président des Etats-Unis Donald Trump, le 27 juillet 2025 relevant les droits de douane portant sur de très nombreux produits européens à 15% (d’autres sont taxés plus lourdement).
France :
Le 10 mars, plus de 60 pays, des acteurs économiques mondiaux, les organisations internationales du nucléaire se sont retrouvées à Paris pour un sommet mondial sur l'énergie nucléaire. Ils ont notamment discuté de la nécessité de développer le nucléaire comme outil de lutte contre le changement climatique, de souveraineté énergétique et de compétitivité. Ils ont souligné le rôle central que jouait l'électronucléaire dans la fourniture d'une énergie propre, fiable, abordable et sûre dans un contexte de hausse de la demande en électricité et de tensions géopolitiques. A l'issue de ce Sommet, deux déclarations ont été publiées pour, d'une part, réaffirmer la volonté de développer l'énergie nucléaire dans le cadre de la transition mondiale vers des systèmes énergétiques bas carbone et, d'autre part, appeler à renforcer la coopération internationale et à faciliter l'accès aux financements.
Le Président de la République a officialisé le lancement des travaux du porte-avions nouvelle génération (PANG) le mercredi 18 mars 2026. Ce projet – stratégique, militaire et industriel – a été lancé dans l’objectif de remplacer le Charles de Gaulle à l’horizon 2038. Les premiers travaux de réflexion sont en cours depuis déjà quelques années afin de définir les besoins et les ambitions de ce projet colossal qui débute sur la base navale de Naval Group, Le PANG sera, selon le Président de la République, le plus gros navire jamais construit en France (77 000 tonnes, 310 mètres de long et 90 mètres de large), avec un budget prévu entre 12 et 15 milliards d’euros. Le projet industriel est piloté par Naval Group, mais la chaîne de production inclut plus de 800 entreprises, dont 600 ETI et PME, ce qui correspond à environ 14 000 emplois sur toute la durée de construction (2026 à 2038). Les ambitions opérationnelles sont conséquentes puisque 40 avions de combat pourront être embarqués, et trois catapultes seront construites sur le navire. De plus, trois pistes seront déployées pour permettre les catapultages et les appontages en même temps, ce qui est une réelle révolution opérationnelle.
La ministre française Anne Henaff annonce en mars 2026 la création d’« un portail national de la cybersécurité du quotidien », le directeur de l’Agence nationale des systèmes de sécurité informatique (ANSSI), Vincent Strubel, affirme qu’« il faut se préparer à des cyberattaques coordonnées étatiques ».
Hongrie : après de tumultueuses négociations avec Prague, Bratislava et Budapest, les Vingt-Sept s'étaient accordés à prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine pour soutenir son économie mise à mal par l’effort de guerre. Lors d’une réunion des chefs d’État à Bruxelles le 19 mars 2026, le premier ministre hongrois est revenu sur sa position, bloquant ainsi la mise en œuvre de ce plan d’aide. Cette somme représente un effort majeur qui devait couvrir les besoins ukrainiens jusqu’en 2027. Elle s’inscrit dans une politique d’aide continue depuis le déclenchement du conflit en 2022. Si 195 milliards d’euros ont déjà été alloués par les Européens à Kiev, l’économie ukrainienne ne peut se passer de nouveaux fonds, notamment depuis le désengagement américain en la matière. Il semblerait que l’Ukraine aura épuisé toutes ses ressources début mai 2026. La Commission insiste sur l’urgence de la situation et appelle à un déblocage dans les plus brefs délais. Ce revirement peut être expliqué par les élections législatives hongroises qui auront lieu le 12 avril. Le premier ministre a mis au centre de sa campagne la question de l'approvisionnement de son pays en pétrole russe. Il accuse l’Ukraine de ne pas vouloir réparer l’oléoduc « Droujba » qui passe sur son territoire. Depuis sa destruction lors d’un bombardement russe le 27 janvier, il n’irrigue plus la Hongrie et la Slovaquie.
Slovénie : le Premier ministre de centre-gauche sortant - Robert Golob - est réélu en mars 2026 avec une très faible avance sur son rival conservateur Janez Jansa. La campagne électorale a été très dure, les clivages concernant la politique étrangère (Israël/Palestiniens…), les affaires de corruption et d’ingérences extérieures en ont été la toile de fond.
Italie : la Première ministre, Giorgia Meloni, a voulu organiser un referendum en mars 2026 portant sur une réforme judiciaire, mais il lui a été défavorable.
Ukraine-Russie : l’Ukraine intensifie ses frappes de drones contre les infrastructures pétrolières russes, avec une attention particulière portée sur la région (oblast) de Leningrad, autour de Saint-Pétersbourg. La semaine dernière, un petrlier tresnportanbt du pétrole brut a été attaqué près du port de Novorossiisk, en mer Noire à proximité des côtes turques, par un drone naval. Par ailleurs, le port russe d’Oust-Louga a de nouveau été touché, subissant un incendie le 29 mars. Cette stratégie vise à perturber les capacités d’exportations de pétrole de la Russie notamment à un moment où les cours du pétrole s'envolent. Les frappes coordonnées contre les terminaux pétroliers et les raffineries russes se sont ainsi multipliées depuis quelques semaines
MOYEN-ORIENT.
Apres les premières attaques du 28 février 2026 par les forces américaines et israéliennes, Téhéran réplique en mars 2026 par des frappes visant tous les pays de la région, jusqu’à Chypre, membre de l’Union européenne, Israël, la Jordanie et toutes les pétromonarchies, y compris Oman qui a pourtant accueilli les pourparlers pour parvenir à un compromis. Les Iraniens visent les infrastructures pétrolifères et gazières, touchant ses voisins au portefeuille, les usines de dessalement d’eau de mer, et certains hôtels, Ils visent aussi les bases militaires américaines, mais aussi françaises.
L’armée israélienne est entrée sur le sol libanais pour éradiquer le Hezbollah chiite, et procède a de très importants bombardements : près d’un million de libanais fuit le sud du pays, et plusieurs milliers de personnes sont mortes. Le Liban est de nouveau l’otage des tensions du Moyen-Orient et trois casques bleus, indonésiens, ont été tués.
Les Houthis lancent des missiles en direction d’Israël, élargissant un conflit qui se prolonge.
Pétrole et Gaz : Les prix des hydrocarbures flambent à nouveau en mars 2026, les destructions des infrastructures pétrolières et gazières des émirats limitent les exportations des hydrocarbures. Les pays d’Asie vivent déjà un choc énergétique, même si Téhéran laisse passer quelques bateaux en direction de la Chine. Les pays européens vivent de nouveau, après les chocs du covid et de la guerre en Ukraine, une nouvelle flambée du prix de l’énergie, alors que le territoire communautaire était déjà un espace d’énergie chère. En fait la vulnérabilité de l’économie mondiale basée sur l’interdépendance poussée des différentes économies, éclate en plein jour. Le transport maritime est très affecté par le conflit, la production en Asie, atelier du monde, est menacée. La vulnérabilité des pétromonarchies apparait au grand jour, ce qui pourrait leur porter préjudice à long terme
ASIE.
Chine : A l’ombre des guerres menées en Ukraine et en Iran qui focalisent l’attention de la communauté mondiale, la pression de Pékin s’accroit en mars 2026 sur l’ile de Taiwan. Pékin multiplie les exercices d’encerclement de ce que la République populaire de Chine qualifie d’ « ile rebelle ». Les cyberattaques chinoises y sont quotidiennes et submersives. Cette pression croissante, se déroule sur fond de soutien affiché de Tokyo à Taipei alors que Pékin a opéré un immense effort d’armement pour se constituer une armée en capacité de récupérer Taiwan y compris par la force, et de mobilisation croissante de la marine étasunienne sur le théâtre moyen-oriental.
Pakistan : le Pakistan se déclare en « guerre ouverte » contre Kaboul. La raison profonde est que les talibans afghans s’émancipent de la tutelle pakistanaise au grand dam d’Islamabad qui pensait acquis leur alignement, ce qui lui donnait une certaine profondeur stratégique. La raison conjoncturelle est que l’Afghanistan refuse de leur livrer des membres du mouvement des talibans du Pakistan (TTP, Tehrik-e-Taliban Pakistan) accusé d’actes terroristes. Les forces en présence sont déséquilibrées en faveur du Pakistan, par ailleurs puissance nucléaire. Ce conflit se joue à l’ombre de celui en Iran et de la guerre en Ukraine qui détournent l’attention de la communauté internationale de cette région du monde. L’ONU estime que depuis le 26 février 2026, ce conflit a causé la mort de plus de 300 personnes et déplacé plus de 120 000 personnes.
Bangladesh : Le huitième pays le plus peuplé du monde, le Bangladesh, a dû fermer ses universités le 9 mars 2026 pour économiser l’électricité et le pétrole des centrales thermiques. Il est indirectement victime du conflit en Iran.
LES AMERIQUES.
Etats-Unis :
Le Sénat et la Chambre des représentants confortent le président Trump dans le déclenchement des opérations militaires contre l’Iran. Les dernières opérations militaires menées par les États-Unis au Moyen-Orient et au Venezuela sont le fait de décisions prises unilatéralement par l'exécutif. Le mercredi 4 mars au Sénat et le jeudi 5 mars à la Chambre des représentants, des résolutions visant à obliger le président à obtenir l’aval du Congrès avant de poursuivre la guerre menée contre Téhéran ont été rejetées.Ce soutien inconditionnel de la majorité présidentielle conforte Donald Trump dans la poursuite des opérations et dans son projet de centralisation du pouvoir autour de l'exécutif.
Le 17 mars, Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme américain (NCTC), chargé de coordonner la stratégie de contre-terrorisme américaine, a annoncé sa démission avec effet immédiat. Dans une lettre adressée à Donald Trump, Joe Kent indique ne pas pouvoir soutenir le conflit en cours en Iran, qui a selon lui été initié « sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ». Il accuse notamment « de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains » d’avoir construit un narratif belliciste et la croyance que l’Iran constituait une « menace imminente » pour les Etats-Unis, aux dépens du programme America First du président. Le 18 mars, Donald Trump a réagi en qualifiant Joe Kent de « faible en matière de sécurité ». Des médias américains, tels que le New York Times, ont affirmé qu’une enquête du FBI contre Joe Kent pour des fuites d’informations classifiées avait été lancée préalablement à sa démission.
Venezuela : Delcy Rodriguez a remplacé Nicolas Maduro à la tête de son pays. Après avoir réautorisé l’activité des compagnies nord-américaines dans le secteur pétrolier du Venezuela, Delcy Rodriguez procède à un remaniement des forces armées de son pays. Le haut commandement militaire a été renouvelé alors qu’elle a changé de ministre de la Défense au profit de Gustavo Gonzales Lopez. Selon toute vraisemblance, l’armée vénézuélienne soutient cette politique post-chaviste de rapprochement avec Washington.
Cuba : Les Etats-Unis soumettent l’ile de Cuba à un embargo depuis la crise de 1962. La situation s‘est dégradée après l’implosion de l’URSS qui aidait La Havane. Le Venezuela de Hugo Chavez puis de Nicolas Maduro fournit du pétrole aux Cubains, ce que Caracas ne peut plus le faire depuis janvier 2026. Les pénuries se multiplient et le quotidien des Cubains continue donc à se dégrader. Un convoi humanitaire de plusieurs centaines de personnes, surtout des latinoaméricains, se rend à La Havane pour apporter une aide très attendue sur place. L’ile connait deux pannes généralisées d’électricité, montrant une économie à bout de souffle. Le président américain attend la chute du régime castriste, qu’il espère imminente. L’OMS qualifie la situation de Cuba de « profondément préoccupante ». La Russie annonce envoyer un pétrolier vers Cuba pour porter assistance au régime en place et à la population.
