Guerre au Moyen Orient : les impact des attaques contre les champs de production pétrole-gaz et les unités de dessalement d’eau de mer

En plus de la fermeture du détroit d’Ormuz où transitent environ  un quart des exportations mondiales d’hydrocarbures , la guerre Iran-USA via Israël a franchi une nouvelle  étape dangereuse avec  les attaques contre les sites énergétiques  que ce soit en Arabie Saoudite,  en Irak ,au Qatar, au Koweït, à Oman, aux Emirats et réciproquement contre les installations en  Iran où cet espace concentre plus de 40% des réserves mondiales  rentables  pouvant découvrir des milliers de gisements non rentables financièrement en référence aux vecteurs prix et couts  les plus grands bénéficiaires de e conflit étant les compagnies américaines, certaines compagnies africaines  et surtout la Russie  hors de cet espace ne dépendant pas du détroit d’Ormuz, le prix du pétrole étant passé avant le conflit de 65 dollars à près de 110 dollars et le prix de cession  du gaz  surtout le GNL soumis au prix spot  de 3O dollars le mégawatt heure de 30 dollars à plus de 60 dollars le 20 mars 2026  (pour les canalisations les contrats étant  à moyen  et long terme et leurs révisions supposent des négociations)

1-Ainsi au Moyen Orient pour les champs de production et gaz qui sont soumis à des attaques, nous  avons :

-Ghawar (Arabie saoudite) : Le plus grand gisement de pétrole conventionnel au monde.

-South Pars (Iran/Qatar) : L'un des plus vastes gisements de gaz naturel au monde, stratégique pour l'approvisionnement mondial.

-Masjed Soleiman (Iran) : Historiquement significatif comme le premier champ pétrolier découvert au Moyen-Orient.

Pour les raffineries et complexes pétrochimiques qui transforment le pétrole brut en produits finis (carburants, produits chimiques), nous avons

-Raffinerie de Ruwais (Émirats arabes unis) : Un complexe colossal situé dans l'émirat d'Abou Dhabi, pilier du système énergétique émirati.

-Raffinerie de Ras Tanura (Arabie saoudite) : L'une des plus grandes raffineries du Moyen-Orient, située sur le Golfe persique.

-Raffinerie de Samref (Yanbu, Arabie saoudite) : Située sur les rives de la mer Rouge.

Pour les terminaux d’exportation et pôles de liquéfactions  (GNL) qui   servent à stocker et à expédier les hydrocarbures vers les marchés internationaux, nous avons

- Laffan (Qatar) : Le plus important pôle de liquéfaction de gaz naturel (GNL) de la planète qui vient de subir des dommages importants et selon le ministre dues hydrocarbure  qatari il faudra entre 3 à 5 ans pour revenir à sa capacité initiale.

-de Kharg (Iran) : Centre névralgique par lequel transite une immense partie des exportations de brut iranien et tout blocage risque d’asphyxier  financièrement  l’Iran.

2-Mais outre ces installations stratégiques, cet espace est désertique et cette énergie  permet  la production de l’eau à travers les unités de dessalement.  Il ne s’agit donc de pas  seulement de se focaliser sur les impacts du cours des hydrocarbures mais également  les enjeux géostratégiques des unités de dessalement d’eau de mer, les pays du Golfe (CCG) dépendant de manière critique du dessalement pour plus de 70% à 90% de leur eau potable (90% au Koweït, 70% en Arabie saoudite), concentrant 40% de la capacité mondiale. Pour les plus grandes usines de dessalement au Moyen Orient  en fonction de leur capacité et coût nous avons

-Ras Al Khair, Arabie Saoudite : 2.998.OOO m3/jour 7,2 milliards de dollars, elle est communément considéré comme le poids lourd du dessalement au monde est un projet hybride qui utilise à la fois les technologies de flash thermique à plusieurs étages (MSF) et d’osmose inverse (RO). Situé à 75 km au nord-ouest de Jubail et desservant Riyad .

-l’usine de Djebel Ali Emiraties : 2.228.OOO m3 jour 3 milliards de dollars.

-l’usine de Fujaïrah Emirats : 1.O45.361 mètres cubes jour, cout 65O/7OO millions de dollars

-l’usine de Taweelah Emiraties : 9O9.2OO millions de mètres cubes jour, cout 874 millions de dollars.

-la Compagnie des eaux et de l’électricité de Jubail Arabie Saoudite : 8OO.OOO mètres cubes jour, coût entre 8OO et 1OOO millions de dollars.

-l’usine d’Umm Al Quwain Emiraties : 681.OOO millions de mètres cubes jour, coût 797 millions de dollars.

-l’usine de Sorek Israël 64O.OOO mètres cubes jour coût 489 millions de dUsine de Shuaiba Arabie Saoudite 6OO.OOO millions de mètres cubes jour avec un coût de 821 millions de dollars

En conclusion, la dépendance extrême de l’eau douce au Moyen-Orient, constitue une vulnérabilité stratégique, en espérant  que ce conflit ne  s‘étende pas aux unités de dessalement d’eau de mer  du fait que cette  dépendance extrême constitue une vulnérabilité stratégique, rendant ces infrastructures cibles potentielles alors qu’elle   sont des facteurs  déterminants  pour la stabilité régionale mais cela n’est pas propre au Moyen Orient .  sans oublier  la pénurie d'eau un des principaux freins au développement en Asie et notamment de l’Asie du Sud  où  plus de 300 millions de mineurs de moins de 18 ans n'ont pas assez à boire dans cette région comprenant notamment l'Afghanistan, l'Inde et le Pakistan  selon l’Unicef,  en Afrique accéléré par le réchauffement climatique et la  pression démographique, seuls 500 millions d’Africains sur le 1,4 milliard d’habitants que compte le continent entre 2024/ 2025,  ont accès à de l’eau potable et 290 millions à des services d’assainissement de base, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avec des  disparités importantes  au sein même des pays, dans les zones rurales, quatre personnes sur cinq manquent d’eau potable et les trois quarts d’assainissement.

ANNEXE

Selon le nouveau manuel sur la sécurité de l’eau de l’Association internationale dessalement (IDA), la capacité mondiale totale de dessalement installée s’élève à 97,4 millions de mètres cubes par jour (m3/jour), alors que la capacité contractuelle cumulée totale mondiale est de 104,7 millions de m3/j. Le dessalement est historiquement une option plus coûteuse que le traitement traditionnel des eaux de surface ou souterraines, avec des prix d’environ entre O, 5 et 1 dollar US par mètre cube, mais l’une des dernières avancées en matière de dessalement a été une amélioration du coût global, y compris les dépenses opérationnelles (OPEX), ainsi que les dépenses d’investissement initiales (CAPEX). 

Au cours des 20 dernières années, ce chiffre a été réduit de 80 pour cent grâce aux progrès de la technologie et des équipements et très récemment, des appels d’offres à Abu Dhabi, en Arabie Saoudite et en Israël ont vu pour la première fois le prix tomber en dessous de 0,50 $/m3L Le coût ou le prix de l’usine de dessalement dépend de certains facteurs importants qui sont la technologie de dessalement, qualité de l’eau brute et de l’eau produite le type de captage et d’exutoire, l’emplacement de l’usine ou du projet, le type de récupération d’énergie utilisé, le prix de l’électricité, les besoins de post-traitement, le stockage, la distribution, les coûts d’infrastructure locaux et les réglementations environnementales et la source d’eau est également importante pour le coût, le cout de d’eau saumâtre BWRO étant inférieur au dessalement d’eau de mer SWRO.

En moyenne le coût de l’usine de dessalement peut se décomposer en éléments suivants : coût fixe (37 %), main-d’œuvre (4 %), remplacement de la membrane (5 %), maintenance et pièces (7 %), consommables (3 %) et électricité. Energie (44 %) . La seule opération de séparation sel/eau, que ce soit par osmose inverse ou par distillation, nécessite une énergie théorique minimale de l’ordre de 1 kWh par mètre cube d’eau produite. À cela, il faut ajouter sur chaque site les énergies nécessaires pour l’approvisionnement en eau, la distribution de l’eau traitée et la diffusion des saumures dépendent de l’emplacement de l’installation, et l’énergie nécessaire pour prétraiter et reminéraliser l’eau, qui dépendent de la qualité de l’eau de mer. D’où l’importance d’utiliser les énergies renouvelables.

Dr Abderrahmane Mebtoul- Professeure des universités, expert international.