Veille mensuelle de l'actualité internationale du 01 Février au 28 Février 2026.
- Source geneva-institute.com
- Date : 2026-03-02
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Cette veille mensuelle présente l'actualité internationale du 01 Février au 28 Février 2026.
Afrique.
Les chefs d'État et de gouvernement africains se sont réunis à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026 pour la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine, à un moment d'une gravité politique exceptionnelle pour le continent et pour le système international. Pour la Banque africaine de développement, « le Sommet s'est tenu dans un contexte de fragmentation mondiale croissante, d'affaiblissement du multilatéralisme, de conflits en expansion, d'aggravation de la crise de la dette et de pressions climatiques accrues. Malgré le thème officiel de l'année consacré à l'eau, la paix et la sécurité devraient constituer le véritable centre de gravité de cette rencontre, tant les conflits persistants, l'instabilité régionale et la fragilité des transitions politiques continuent de dominer la réalité politique africaine ».
Nigéria : une nouvelle attaque au centre du pays s’est soldée par l’enlèvement de cinq personnes. Deux autres attaques sont menées dans le Nord-Est, sur un marché à Shiwari : pillage et assassinats…
Burkina Faso : les djihadistes ont assassiné une quarantaine de paramilitaires dans la région de Gourma et les membres d’une organisation terroriste liée à al Qaida, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), est responsable de plus d’une centaine de morts.
Niger : les putschistes n’ont pas pu empêcher une attaque de l’État islamique (EI) contre l’aéroport de Niamey, le principal du pays, mais aussi le lieu qui héberge la base militaire 101. L’ampleur des dégâts n’est pas connue. Cette attaque visait notamment les drones nigériens.
Tchad : Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, vient est reçu à l’Élysée, inaugurant possiblement une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays, dans le contexte de la guerre qui ravage le Soudan voisin. Le Tchad n’y a pas échappé pourtant sa proximité avec Paris n’était pas à démontrer. Les soldats français ont quitté le Tchad en janvier 2025. Début 2026, la France ne dispose plus que de deux bases en Afrique : à Djibouti et au Gabon.
Union Européenne.
Portugal : le deuxième tour de l’élection présidentielle oppose le socialiste Antonio José Seguro à André Ventura à la tête du parti Chega, classé à l’extrême-droite. Le nouveau président portugais a remporté les deux-tiers des suffrages exprimés. Le parti Chega a réalisé une percée historique. Monsieur Seguro remplacera le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa.
Industrie européenne : Le sommet de l’industrie européenne s’est tenu en février 2026 à Anvers, en Belgique, réunissant plus d’un millier de participants, entreprises, syndicats et fédérations professionnelles. Un constat dramatique pour l’industrie chimique y a été dressé : en une année une centaine de sites industriels a fermé, 75 000 personnes ont été licenciées. L’industrie chimique est indispensable à une souveraineté européenne. Le nouveau Premier ministre belge, Bart De Wever prévient : « Nous risquons de perdre l’ensemble des secteurs pétrochimique et sidérurgique. Les coûts énergétiques les tuent. Sans ces secteurs, tous les rêves d’autonomie stratégique disparaissent. »
Concurrence chinoise : Un récent rapport du Haut-commissariat à la stratégie au plan tire la sonnette d’alarme. La concurrence chinoise ne s‘exerce pas seulement au détriment des Européens sur les marchés extérieurs, mais aussi très largement sur le marché intérieur communautaire : « Autour de 55% de la production manufacturière de l’Union européenne pourrait se trouver exposée à une concurrence chinoise difficilement soutenable à moyen terme ». Selon ce rapport très alarmiste, 70% de la production manufacturière de l’Allemagne et 70% des secteurs de l’excellence française sont exposés au risque chinois, au-delà de la filière automobile clairement menacée, les risques concernent aussi les secteurs du nucléaire, de l’aéronautique. Ainsi, l’Institut Leibniz pour la recherche économique (IWH) estime que les faillites industrielles en Allemagne sont beaucoup plus nombreuses avec la guerre en Ukraine et ont atteint un pic en 2025, le niveau le plus élevé depuis vingt ans. Le rapport préconise des droits de douane de 30%, une préférence européenne et une dévaluation de 30% de l’euro bien trop élevé face au renminbi chinois.
France / Allemagne : Les relations entre la France et l’Allemagne se sont inversées au cours du temps. En février 2026, les incompréhensions et les déconvenues se multiplient entre les deux rives du Rhin. Berlin n’apprécie pas le changement d’attitude du président français, sous pression de ses agriculteurs, face à la signature du Mercosur qui permet de sécuriser un approvisionnement précieux en matières premières, indispensables à l’industrie notamment allemande, mais qui ouvre le marché agricole. Les tensions sont très fortes au niveau énergétique entre une Allemagne qui a renoncé au nucléaire et au gaz russe, pour relancer sa production de charbon et la France qui a misé sur l’électronucléaire et dispose donc d’une énergie peu onéreuse à la production mais qui ne peut la vendre bien moins chère sur son territoire (marché de l’électricité) perdant ainsi un avantage comparatif face aux entreprises de ses voisins.
Ariane 6 : Le lanceur européen Ariane 6 a réussi en février 2026 son envol et doit mettre en orbite 32 satellites, dont des satellites pour l’américain Amazon, qui est devenu le principal client d’Arianespace. Amazon passe par Arianespace mais aussi des concurrents pour mettre en orbite sa constellation LEO et concurrencer ainsi Starlink. Ce vol et ce partenariat sont un gage d’espoir pour l’activité spatiale des Européens.
Ukraine :
Quatre ans après le début de l’offensive : Quatre ans après le début de l’offensive à grande échelle, le bilan est calamiteux pour la Russie qui n’atteindra probablement jamais, par les seuls moyens militaires, les objectifs stratégiques qu’elle s’était fixés. La guerre déclenchée par la Russie le 24 Février 2022, et devait être une guerre éclair pour installer un pouvoir pro-russe à Kiev est un triple échec pour la Russie : militaire, économique et stratégique. Militaire car Moscou n’a pris ni Kiev ni Odessa, ville fondée par Catherine II de Russie en 1794. Économique car la Russie consacre entre 8 et de 10% de son PIB aux besoins militaires, ne pouvant plus investir dans des secteurs civils pourtant essentiels pour son avenir. Stratégique car l’agression russe a cristallisé une nation ukrainienne qui avait peine à le faire, élargi l’OTAN , a des pays neutres comme la Finlande , voisin direct de la Russie et donc ressuscité une alliance militaire que le président français estimait en « mort cérébrale » en 2019, alliance à laquelle Kiev postule. Les pertes humaines sont très difficiles à définir, tant les chiffres sont politiques, cependant le Center for strategic and international studies (CSIS) les estime en février 2026 à deux millions de victimes, tuées ou dans l’incapacité de combattre.
Négociations : Les négociations pour parvenir à une fin des combats en Ukraine se font sous l’égide des Etats-Unis, mais elles sont bien laborieuses. Donald Trump aimerait troquer les pertes territoriales ukrainiennes (Donbass et Crimée aux mains des Russes) contre une intégration ultra-rapide de l’Ukraine dans l’Union européenne qui assumerait aussi une part importante de la reconstruction – le président ukrainien réclame 500 milliards – et des garanties de sécurité qui sont un point d’achoppement avec Moscou. Ces négociations se tiennent de façon très symbolique à Abou Dhabi puis à Genève, et non en Europe communautaire dont les représentants sont accueillis à Kiev le 24 février 2026, avec la nouvelle d’un emprunt de 90 milliards d’euros contracté à l’échelle fédérale pour continuer à l’aider.
Moyen-Orient.
Iran : Des pourparlers sont menés à Genève concernant le nucléaire iranien. Washington déploie dans le même temps un impressionnant dispositif militaire au Moyen-Orient : deux porte-avions, 22 aéronefs, 50 000 soldats. Et le 28 février 2026, une série de frappes aériennes, menée en commun avec Israël, vise le régime des mollahs avec pour objectif déclaré le renversement du pouvoir par la population iranienne pour partie déjà en révolte. L’action informationnelle agit comme catalyseur de l’action cinétique : le site de l’agence de presse iranienne a été hacké et a diffusé des messages annonçant que les forces de sécurité du régime étaient neutralisées. Ce qui a pour objectif de démobiliser les soutiens du régime. En réalité, personne ne sait combien de temps cette nouvelle guerre va durer et quels seront ses effets en interactions à plusieurs échelles.
Syrie : Les troupes de l’homme fort de Damas, M. al Chaara ont refoulé en février 2026 les FDS Kurdes au Nord du pays. Après un compromis, les forces de Damas s’installent à Hassaké, tenue jusque-là par les FDS, qui ont subi un siège à Kobané et doivent s’intégrer à la Syrie nouvelle. Dans le Rojava, partie kurde de la Syrie, les femmes kurdes ne sont pas soumises à la polygamie, le mariage des mineures est combattu, les femmes peuvent hériter comme leurs frères. Elles craignent une dégradation de tout ce qu’elles ont gagné. Le rêve d’un Kurdistan autonome dans la province du Rojava s’éloigne, bien que les Kurdes aient été le fer de lance de la résistance aux mouvements djihadistes et salafistes en Syrie. Un accord au goût de cendre pour de nombreux Kurdes, qui ont dû abandonner une partie des camps de rétention de djihadistes. Ces djihadistes vont-ils en profiter pour poursuivre leur combat, y compris dans leur pays d’origine ? Les Kurdes craignent aussi l’instauration de la charia par le nouveau pouvoir de Damas.
Asie.
Japon : La Première ministre japonaise, Sanaé Takaichi, convoque des élections législatives pour obtenir un plébiscite. Au niveau interne, la Première ministre propose un plan de relance de 110 milliards d’euros, et souhaite lutter contre l’immigration (Coréens, Chinois) préférant améliorer la productivité plutôt que d’ouvrir les portes migratoires. Elle propose d’augmenter le budget militaire, dans le cadre des tensions autour de Taiwan, mais aussi des menaces de la Corée du Nord. Elle compte sur l’alliance avec les Etats-Unis.
Thaïlande : Anutin Charnvirakul à la tête du parti conservateur le Bhumjaithai, a remporté les élections législatives. Natthaphong Ruengpanyawut, le chef du Parti du peuple (réformiste) reconnait sa défaite électorale, que les pronostics n’avaient pas prévue. Le Premier ministre est donc confirmé dans son poste, les accrochages militaires avec le voisin cambodgien n’y sont peut-être pas pour rien.
Afghanistan / Pakistan : Les relations continuent à s’envenimer entre Kaboul et Islamabad, ces deux pays étaient pourtant très proches puisque le Pakistan a servi de base arrière aux Afghans lors de la guerre contre les Soviétiques. La frontière était tellement poreuse entre ces deux voisins que les Etats-Unis d’Obama envisageaient ce théâtre de conflit sous la dénomination « AfPak ». Depuis la prise de Kaboul par les Talibans, rien ne va plus. Des tirs s’échangent de part et d’autre de la frontière, et l’aviation pakistanaise bombarde Kaboul. Le ministre pakistanais de la défense annonce : « C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous ». Kaboul appelle à l’apaisement.
Les Amériques.
Etats-Unis : Le « Board of peace » à la main de D. Trump a tenu sa première réunion en février 2026 et compte 22 membres fondateurs (Paraguay, Salvador, Maroc, Bahreïn, Kosovo, Turquie…) six autres vont bientôt y entrer (Albanie, Égypte, Koweït…), d’autres sont des membres observateurs comme Chypre, l’Inde, l’Union européenne aux côtés de la Russie.
Costa Rica : Les élections présidentielles de février 2026 au Costa Rica s’inscrivent dans la continuité des précédentes car Laura Fernandez, élue avec 48% des voix, était ministre du président sortant Rodriguo Chaves. Seconde femme à être élue à la magistrature suprême, elle appartient à un courant politique de droite décomplexée, voire « dure ». A l’instar de ce qui existe dans des pays comme le Salvador et le Honduras, le Costa Rica qui a fait longtemps figure d’exception de stabilité dans une Amérique centrale déstabilisée, est à son tour gangréné par la violence et le crime organisée. La nouvelle présidente annonce vouloir s’inspirer de la politique menée par le président salvadorien Bukelé.
Mexique : Le Mexique continue en février 2026 la lutte contre les narcotrafiquants, très puissants dans le pays. L’armée est parvenue à retrouver Nemesio Oseguera Cervantes connu sous le nom de El Mencho, le principal parrain de la drogue depuis El Chapo. Sa mort provoque une vague de violence sans précédent dont l’épicentre se situe dans l’état de Jalisco où est très fortement implanté le cartel. De nombreux vols sont suspendus, de très nombreuses écoles restent fermées et les Etats-Unis appellent leurs ressortissants à la plus grande prudence. Ce baron de la drogue était l’homme le plus recherché par Washington. Les scènes de chaos se multiplient dans le pays, le Guatemala a décrété l’état d’alerte.
