Veille mensuelle de l'actualité internationale du 01 janvier au 31 Janvier 2026.

Cette veille mensuelle présente l'actualité internationale du 01 janvier au 31 Janvier 2026.

Afrique.

Guinée : En Guinée, à l’issue d’un scrutin sans suspens le putschiste Mamadi Doubouya est élu en janvier 2026 avec plus de 86% des suffrages exprimés.

Centrafrique : En Centrafrique, les élections présidentielles ont mobilisé environ 52% des électeurs en janvier 2026. Ceux-ci ont choisi de reconduire pour un troisième mandat Faustin-Archange Touadéra, avec environ les trois-quarts de suffrages exprimés.

Afrique du Sud : Les BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran…) organisent un exercice naval multinational « Will for peace 2026 », dirigé par Pékin dans les eaux sudafricaines, sans les marines brésiliennes et indiennes. Un exercice pour sécuriser les routes maritimes, comme le font les pays qui développent des politiques de puissance, à l’image des Etats-Unis. Un exercice qui défie l’ordre international.

Union Européenne.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, président du Conseil européen, se sont rendus en Janvier 2026 à Damas pour rencontrer Ahmed al-Chaara . Les Européens lui promettent une substantielle aide économique pour reconstruire un pays détruit par plus d’une décennie de guerre civile : 620 millions d’euros pour 2026-2027, en sus des 2,5 milliards déjà promis en 2025. Madame von der Leyen déclare attendre de l’homme fort de Damas un « engagement à atteindre l’objectif d’une Syrie nouvelle, pacifique, inclusive et sûre ». La Commission européenne espère que les réfugiés syriens abrités sur le sol communautaire pourront regagner la Syrie.

Bulgarie : La Bulgarie entre en janvier 2026 dans l’Euro. Elle est le 21ème pays à adopter la monnaie européenne, qui remplacera sa monnaie nationale, le Lev. Entrée dans l’Union européenne en 2007, la Bulgarie reste le pays le plus pauvre de l’Union européenne. L’adoption de l’euro fait craindre une possible inflation. Le pays est fragilisé par une corruption endémique qui provoque la chute du gouvernement en décembre 2025.

UE-Mercosur : Le traité de libre-échange avec le Mercosur est ratifié en janvier 2026 avec la majorité qualifiée, et l’opposition de la France n’a servi à rien car la minorité formée avec l’Autriche, la Hongrie, l’Irlande et la Pologne n’était pas bloquante. Ursula von der Leyen se rend en Uruguay pour finaliser la signature de ce traité avec le Mercosur pour former une zone de libre-échange de 700 millions de consommateurs. Craignant le vote du Parlement européen, la Commission européenne entend faire une entrée en vigueur avant la ratification des parlementaires, accédant ainsi aux vœux de l’Allemagne et de l’Espagne.

Défense : Le Commissaire à la défense, le lituanien Andrius Kubilius, annonce vouloir créer une « force militaire européenne permanente de 100 000 hommes », ce qui ne relève pas des compétences communautaires. La crainte de Bruxelles et la diminution des troupes de l’OTAN sur son sol, et en particulier le départ d’une partie des soldats américains nombreux à stationner en Allemagne, explique cette inquiétude nouvelle. Le contexte est bien sûr aussi celui de l’enlisement de la guerre en Ukraine et la crainte que le Danemark ne doive céder le Groenland à Washington, comme tribut de sa protection. Il propose aussi la création d’un « conseil de sécurité européen » pour éviter une défaite de l’Ukraine, alors qu’une victoire semble hautement improbable. L’idée d’une armée européenne existe depuis longtemps, mais elle suppose une communauté des intérêts et une vision stratégique commune.

Moyen-Orient.

Le président américain, Donald Trump, annonce en janvier 2026 la création d’un « Board of peace » pour pacifier le Proche-Orient, la bande de Gaza ravagée par la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas.

Iran : Les Iraniens protestent contre l’inflation - 52% en 2025 - qui dégrade encore davantage leur niveau de vie, mais aussi contre la police des mœurs - les femmes qui manifestent dévoilées ne sont pas rares. Les iraniens manquent de tout : eau potable, gaz, électricité. En fait, derrière cette contestation économique, les Iraniens contestent aussi le pouvoir des mollahs, de leur politique extérieure au détriment du bien-être de la population. Certains manifestants appellent au retour des Pahlavi, famille du Shah d’Iran renversé par la révolution islamique de 1979. Les très importantes manifestations du 8 janvier 2026 se font à son appel à condamner la dictature des mollahs. Plusieurs partis kurdes iraniens, en exil, ont aussi appelé à la grève générale. Les mollahs ont coupé Internet, une situation rare de total black-out qui démontre la gravité de la situation.

Syrie : En Syrie, les forces du nouveau régime de Damas combattent les FDS kurdes qu’ils contraignent au repli. Ceux-ci ont été le fer de lance du combat contre les djihadistes (Etat islamique, Al Qaida, Al-Nostra…) lors de la guerre civile qui a déchiré la Syrie dans le sillage des « révoltes arabes » commencées en 2011. Ils ont aussi en charge de retenir prisonniers des milliers de djihadistes, les combattants comme leur famille. Le reflux des Kurdes se traduit par l’abandon de plusieurs centres de rétention et la libération de djihadistes, pour certains syriens, pour d’autres irakiens, voire européens. Les Kurdes sont repoussés vers le Nord-Est et la ville de Kobané, à la frontière avec la Turquie, connait un nouveau siège organisé par les forces de Damas, après l’épisode tragique de 2014 mené par l’Etat islamique, siège qui a ému, à l’époque, l’opinion publique internationale. Les Kurdes se sentent abandonnés par les Occidentaux.

UAE : L’émirat d’Abou Dhabi accueille en janvier 2026 les négociations concernant la guerre menée par Moscou en Ukraine. Les protagonistes russes, ukrainiens et américains s’y retrouvent pour trouver un compromis permettant d’établir un cessez-le-feu et peut-être la fin d’un conflit terriblement meurtrier. Les Européens, dont le président français très investi sur le dossier, comme la chancellerie allemande et tant d’autres exécutifs en Europe, pas plus que l’Union européenne n’y ont été conviés.

Asie.

Chine : La Chine vient de connaitre en janvier 2026 une nouvelle purge au sein du corps de ses officiers supérieurs. La figure la plus emblématique est celle de Zhang Youxia, une des figures les plus importantes de l’Armée populaire de libération. Xi Jinping a bâti sa carrière politique sur l’affichage d’un combat contre la corruption, qu’il a commencé dans sa région et qu’il a poursuivi quand il est arrivé à la tête de son pays en 2012. Plusieurs ministres et d’autres généraux en ont déjà fait les frais. La mise à l’écart de Zhang Youxia coïncide avec une modernisation sans précédent de l’armée chinoise, désormais dotée d’un matériel perfectionné.

Exercices militaires : Pékin organise des exercices militaires avec des tirs à munitions réelles près de Taiwan. Une opération d’intimidation. Taipei a compté 130 avions de combat et 22 bâtiments au large de l’ile que Pékin considère comme « rebelle ». La Chine populaire mène une politique de la canonnière pendant que le président américain est à la manœuvre dans des négociations pour trouver une paix entre Ukrainiens et Russes. Tokyo déclare que ces manœuvres « exacerbent les tensions ».

Birmanie : En Birmanie, les élections législatives organisées par la junte militaire au pouvoir depuis 2023 sont une mascarade car le parti de l’opposante Aung San Suu Ky n’a pas pu se présenter. Le PSDU était annoncé vainqueur avant même le scrutin, qu’il a « remporté ».  

Amérique Latine.

Venezuela : Les forces spéciales américaines, les Deltas force, sont parvenus en janvier 2026 à exfiltre du Venezuela Nicolas Maduro pour l’emmener sur le sol des Etats-Unis où il est accusé de narcotrafic. Une opération militaire d’une remarquable efficacité qui n’est pas sans poser de nombreuses questions. Cette action s’est déroulée sans autorisation préalable des Nations Unies, et contrevient donc au droit international. Il est vrai que Nicolas Maduro se maintenait au pouvoir après avoir perdu les élections présidentielles, son exercice du pouvoir était donc illégitime. Cette opération intervient après des frappes menées par les forces américaines contre des bateaux suspectés de transporter de la cocaïne vers les États-Unis ; elle fragilise encore davantage l’ordre international.