Rapport du FMI de juillet 2025 : l'Algérie pays à fortes potentialités sous réserve d'une planification stratégique et de profondes réformes peut devenir un pays émergent horizon 203O

1.-L'Algérie comme l'a souligné à maintes  reprises le président de la république  n'a pas besoin de louanges mais  d'un discours de vérité  et de profondes réformes peut pour devenir  un pays émergent  et elle en a  les potentialités.  Evitons  ces déclarations qui discréditent leurs auteurs, ne maitrisant pas  leurs dossiers, une gouvernance de l'Etat n'admettant pas  des contre –vérités et des approximations, et donc ternissent l'image  de l'Algérie comme   ces déclaration récentes  en ce mois de juillet  2025  sans argumentations  où il est affirmé   que le nombre d'agents opérant dans les exportations a augmenté et que le nombre d'importateurs a diminué.   L'important n'est pas le nombre mais le volume et la valeur des importations et des exportations hors hydrocarbures qui doivent relever d'entreprises publiques ou privées concurrentielles en termes de cout/qualité au niveau international. Ces déclarations qui induisent en erreur une partie de l'opinion publique mais pas les initiés, les institutions  internationales, Le produit intérieur brut à prix courant PIB en Algérie  est évalué en 2O22 à 33% incluant une partie de la sphère informelle selon le FMI a été clôturé fin 2024 à 268 milliards de dollars se situant à la troisième place derrière l'Afrique du Sud et l'Égypte des plus grandes économies africaines en 2024, maïs irrigué directement et indirectement via la dépense publique à plus de 70% par la rente des hydrocarbures qui a permis également d'avoir le niveau des réserves de change fin 2024 selon le dernier rapport du FMI, une baisse  à 67 milliards de dollars contre 69 fin 2023.( hors or -173 tonnes) et permettant l'important montant des transferts sociaux , soit au cours de l'élaboration de la loi de finances 2025 , 134 dinars un dollar 21,6O milliards de dollars et 2O,25 en 2013, représentant 19,17% du budget de l'Etat soit une hausse de 7% comme moyen d'assurer la cohésion sociale .Les derniers  rapports de juin et juillet 2025 de la Banque mondiale  et du FMI notant une  baisse des exportations  hors hydrocarbures à ne pas  confondre  avec un accroissement  de 4% dans le cadre du produit intérieur brut via la dépense publique,  et pas également les plus hautes autorités du pays. Puisque selon  les données de la Banque d'Algérie et l'ONS  contredisant  ces affirmations .   les montants des  exportations hors hydrocarbures  sont  passés   de 6,9 milliards de dollars en 2022, à 5,O1 en 2023  et 4,6O milliards de dollars  en 2O24  et sur des montants selon les statistiques douanières  65-67% sont des dérivés d'hydrocarbures. 

 2.-. Mais le  problème à résoudre en Algérie est celui de la sphère  informelle.   Avec l'accroissement de la  masse monétaire hors banques  qui est passée  de 5 437,6 milliards de dinars à fin 2019 à 6 140,7 milliards de dinars à fin 2020, à 7 392,81 milliards de dinars à fin décembre 2022  et  à 8 030,76 milliards de dinars à fin décembre 2023 soit au  cours de 135 dinars un dollar, cours de l'époque    59,49 milliards de dollars); Ainsi, .le cours du dinar sur le marché  parallèle risque de  s'orienter rapidement vers plus de   3OO dinars un euro.  Car,  la cotation du dinar algérien  , le cours officiel  en ce mois de juillet 2025  est de 152 dinars un euro et 229 dinars un dollar, cet écart  étant dû essentiellement à un ajustement technique de la Banque d'Algérie, le dollar ayant perdu 17% depuis l'arrivée du président Trump, étant coté le 03/07/2O25 1,17 dollar un euro, renchérissant tous les biens importés en euros,  et afin de dynamiser les exportations US. Sur le marché parallèle , la cotation  du dinar  , la monnaie européenne franchit la barre symbolique des 260 dinars, l'euro s'échangeant  à 259 dinars à l'achat et 263 dinars à la vente  et le  dollar américain affiche un taux de 225 dinars à l'achat et 229 dinars à la vente  l'écart entre les  deux cotations euro.

Comme conséquence de l'amplification de la cotation du dinar sur le marché parallèle,  le risque est le frein de l'investissement privé productif national dans la pratique des affaires le guide étant le profit et pas de sentiments, , préférant spéculer sur le cours de la monnaie  que d'investir dans des segments à valeur ajoutée rentables  à moyen terme; Il ne suffit pas de faire des déclarations  sur le nombre de projets déposés, devant différencier d'une part, lettre d'intention qui n'engage nullement l'investisseur avec un contrat définitif  et  d'autre part,  les investissements dans le secteur des hydrocarbures brut et demi brut  de celui dans des secteurs dynamisants  s'adaptant aux nouvelles mutations mondiales, nouvelles technologies et dans l'industrie innovante  représentant  en 2024 moins de 6% dans le PIB contre 15% vers les années 1978, le taux d'intégration ne dépassant pas 15% , matières premières  et  équipements étant importés en devises,   assistant à une désindustrialisation , le président de la république souhaitant que ce taux passe à 12% mais supposant des entreprises compétitives. C'est que par le passé entre 2OOO/2O2O ,  des milliers de projets avaient été annoncés et plus de 85% n'ont pas vu le jour.   Récemment  le  25 juin 2025, le responsable de l'AAPI (Agence algérienne pour la promotion de l'investissement) a affirmé que le nombre de projets liés aux étrangers, enregistrés par l'AAPI depuis le 1er novembre 2022 (date de début de ses activités) jusqu'à présent, s'élève à 12243 projets pour une valeur avoisinant les 5776 milliards de dinars soit 43,5 milliards de dollars au cours actuel , dont 9 milliards de dollars d'investissements étrangers, avec 270 projets identifiés.

 3.- Qu'en est -il de l'attrait des IDE en Algérie où tout investisseur et attentif à la stabilité politique, la stabilité juridique et stabilité monétaire. Le rapport de la CNUCED concernant les IDE en Afrique dont l'Algérie donne les 20 pays africains qui ont attiré le plus les IDE en 2024 : pour l'Afrique 1-Egypte (46,57 milliards de dollars) -2- Ethiopie (3,98 milliards) -3- Côte d'Ivoire (3,80 milliards)- 4-Mozambique (3,55 milliards) -5-Ouganda (3,30 milliards)- 6-RDC (3,11 milliards)- 7- Afrique du Sud (2,46 milliards)- 8-Namibie (2,06 milliards)- 9-Sénégal (2,01 milliards)- 10-Guinée (1,82 milliard- 11-Tanzanie (1,71 milliard)- 12-Ghana (1,66 milliard) - 13-Maroc (1,63 milliard) - 14-Mauritanie (1,53 milliard) - 15-Kenya (1,50 milliard)- 16- Algérie (1,43 milliard)- 17- Zambie (1,23 milliard)- 18- Nigeria (1,08 milliard)- 19- Gabon (1,14 milliard)- 20- Tchad (1,01 milliard). d'environ 3400 milliards de dollars et une population de 1,4 milliard d'habitants pourrait attirer 85 % d'IDE intra africain et 120 % depuis le reste du monde. Ainsi, l'Algérie en 2024 a été classée 16e rang sur le continent, ayant enregistré 1,43 milliard de dollars d'IDE contre 2,754 en 2009 , 1,507 en 2015 , 1,3 milliard de dollars en 2019, 1,1 milliard en 2020, 870 millions en 2021, 255 millions en 2022 et 1,2 milliards en 2023. Sur une valeur d'exportation 55 milliards de dollars en 2O23 et en 2O24  selon les estimations provisoires  49 milliards de dollars  dont 44 de Sonatrach ,  l'Algérie a enregistré  pour  ses exportations vers le continent 2,7 milliards de dollars en 2024 tournant autour de 5% de ses exportations totales  en majorité de  ses échanges étant tournées  à plus de 5O% vers l'Europe, la part de l'Algérie dans le commerce intra-africain importation et exportation selon les  données officielles   s'élevait à 2,2% en 2024,  contre 1,9% en 2022. C'est un montant relativement modeste devant retirer la part des hydrocarbures ce qui limite la croissance et la diversification de l'économie algérienne.   Selon le dernier rapport de la Banque mondiale du 16 juin 2025, la ZLECAf  pourrait être le  moteur de croissance et de compétitivité de l'Afrique qui a un PIB en 2024 d'environ 3400 milliards de dollars pour une population  d'environ 1,4 milliard d'habitant pouvant facilement tripler voire quadrupler son PIB  où à l'horizon 204O/205O, elle abritera un quart de la population mondiale.

En résumé, sera confronté entre 2025 et 2026 à des tensions budgétaires : les recettes de Sonatrach représenta la majorité des entrées en devises ont nettement baissé passant de 60 milliards de dollars en 2022, à 50 en 2023, entre 43 milliards de dollars en 2025 et pour un baril entre 65- dollars et 30/35 dollars le mégawattheure pour le gaz, les recettes devraient être sous la barre des 40 milliards de dollars. Le risque comme le souligne récemment le FMI dans son rapport de juillet 2025 soulignant l'urgence de profondes réformes structurelles, est l'accroissement de la dette publique interne ce qui accroitrait le processus inflationniste, la politique keynésienne de relance de la demande globale par le déficit budgétaire ne s’appliquant pas à l’Algérie, du fait de la rigidité de l'offre.  Mais ne soyons pas pessimiste :  l'Algérie sans chauvinisme a toutes les potentialités  pour une économe diversifiée dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux, pouvant comme vient de la souligner le président  de la république d'avoir à terme 12% de participation du  secteur industriel hors hydrocarbures dans le PIB , soit le  doublement , étant actuellement entre 5/6% dominé par de petites entreprises privées -SARL- peu innovantes, mais sous réserve de profondes réformes.  Pour un bilan serein des exportations hors hydrocarbures, il faut dresser la balance devises en soustrayant du chiffre d'affaires des exportations hors hydrocarbures, les dérivées d'hydrocarbures, les avantages consentis dont le prix de l'énergie en dessous du prix international, (interdiction du dumping au niveau du commerce international),  les  bonifications d'intérêt  et les matières premières importées en devises

Par le Professeur Abderrahmane MEBTOUL .

Professeur Abderrahmane MEBTOUL. Expert international en management stratégique, expert comptable de l'Institut supérieur de gestion de Lille, il est Docteur d'Etat en sciences économiques (1974), ), auteur de 20 ouvrages et plus de 700 contributions locales et internationales, notamment sur l'économie algérienne, les relations internationales (plusieurs contributions internationales sur la sécurité mondiale , les relations Europe/Afrique  et  les enjeux énergétiques. Membre de plusieurs organisations internationales  dans le monde arabe, Doha au Qatar, à Dakar pour l'Afrique , aux USA et en Europe où il a donné des conférences devant le parlement européen  , anime régulièrement des émissions pour les télévisions chinoises et russe dont RT membre  du Forum mondial du développement durable  Il   anime régulièrement des conférences au niveau national   à l'Institut Militaire de documentation  et de  Prospective, à l'Ecole Supérieure de Guerre du Ministère de la défense nationale MDN,  au niveau des différentes universités  de l'Est, du Centre, du Sud et de l'Ouest où il a dirigé et présidé des dizaines de doctorat  et  au niveau   international à l'invitation de différentes organisations internationales.

Contact- ademmebtoul@gmail.com